Peintre autodidacte, Alberto Magnelli (1888-1971) s’est formé au contact du futurisme et du cubisme, à cheval entre l’Italie dont il est originaire et la France, en se liant d’amitié dès 1913 avec Balla, Severini, Boccioni ou Carrà et l’année suivante, à Paris, avec Picasso, Léger, mais aussi Max Jacob et Guillaume Apollinaire. Refusant la dérive fasciste de l’Italie, il s’installe en France dès 1931 en s’inscrivant dans les grands initiateurs de l’abstraction aux côtés, notamment, de Kandinsky. Quel fut son rapport à la tradition? A la couleur et aux formes ? Quels horizons l’art nègre lui a-t-il ouverts? En quoi l’amitié avec les écrivains qui ont bouleversé le paysage littéraire a-t-elle contribué à forger ce destin qui éclaire le cheminement intellectuel et sensible qui a conduit l’art occidental à l’abstraction?
Daniel Abadie a réalisé quelques-unes des plus fameuses expositions du Centre Pompidou dont Dali, (1979) et Jackson Pollock (1982) avant de diriger la Galerie nationale du Jeu de Paume de 1994 à 2004 où il a organisé entre autres les rétrospectives de Tapiès (1994), Magritte (2002) et Zao Wou-ki (2003). En 1971, il a réalisé, avec Magnelli, la première des expositions qu’il a consacrées à cet artiste en France et à travers le monde. Auteur de nombreux ouvrages sur l’art moderne
et contemporain, il a parallèlement toujours enseigné, notamment à Paris-Sorbonne et à l’ULB Bruxelles.