Face aux agressives concurrences chinoises et américaines, l’Europe se mobilise pour sa « ré-industrialisation » ou du moins le maintien de son industrie. Mais il n’y aura pas de retour au passé. Le défi est d’inventer l’industrie du futur, compétitive au plan international, tout en mettant en œuvre des modèles productifs fidèles à nos valeurs: durabilité, inclusion sociale, ancrage territorial. Les enjeux écologiques (climat, ressources, protection du vivant) nous obligent à penser autrement le rapport entre l’industrie, tendue vers l’efficacité opérationnelle, et les exigences de sobriété dans la consommation, et donc d’agir sur la conception des produits eux-mêmes. Est-ce utopique ? Serons-nous capables de porter cette renaissance ?
Pierre Veltz, né en 1945, est professeur émérite à l’École des Ponts et Chaussées de Paris. Ingénieur de première formation (Polytechnique, Ponts), il s’est ensuite dirigé vers les sciences sociales (doctorat en sociologie). Comme chercheur et consultant, il a surtout travaillé sur les transformations des systèmes productifs et leur inscription spatiale. Ses travaux récents portent sur la bifurcation écologique. Ses derniers livres : La société hyper-industrielle (Seuil, 2017) (prix du livre d’économie) ; La France des territoires (Aube 2019) ; L’économie désirable, sortir du monde thermo-fossile (Seuil, 2021) ; Bifurcations (Aube, 2022) (Prix du meilleur essai, La Tribune) Après la ville. Défis de l’urbanisation planétaire (Seuil, 2025).
Il a dirigé l’École des Ponts (2000-2005) et piloté le lancement de Paris-Saclay (2008-2015), grand cluster scientifique et industriel francilien. Il a été lauréat du Grand Prix National de l’Urbanisme en 2017. Il est membre de l’Académie des technologies.