Bernard E. Harcourt

Notre société d’exposition

Le désir et la surveillance à l’âge numérique

Google collecte et examine tous nos gmails, pièces jointes, contacts et calendriers. Twitter suit notre activité Internet sur tous les sites Web qui portent sa petite icône. Les «apps» Facebook recueillent toute l’information de nos autres applications de téléphone. Et, grâce aux révélations d’Edward Snowden, nous savons bien que la NSA et ses équivalents ont un accès pratiquement libre à toutes nos informations. Faut-il alors caractériser notre société comme orwellienne ou panoptique? Ce serait trop facile. Car nous ne sommes pas aujourd’hui tant contrôlés, que nous nous exposons, volontairement. Nous, sujets numériques, nous nous donnons aux autres en exposant nos détails les plus intimes dans l’amour et dans le désir, dans la consommation, dans le social et le politique. Faut-il dès lors parler plutôt d’une société d’exposition ?
Audio Vidéo Présentation
Bernard E. Harcourt, copyright Max Soha

Bernard E. Harcourt

Bernard E. Harcourt est professeur de droit et de sciences politiques à la Columbia University. Il est directeur du Columbia Center for Contemporary Critical Thought et directeur d’études à l’EHESS à Paris. Croisant théorie sociale et théorie politique, ses récents travaux examinent l’utilisation de la surveillance comme une nouvelle forme de gouvernement à l’ère du Big Data. Il est notamment l’auteur de «Exposed: Desire and Disobedience in the Digital Age» (Harvard, 2015). Il est aussi l’éditeur chez Gallimard de Michel Foucault «La Société punitive» (2013), «Théories et institutions pénales» (2015), aussi bien que pour la nouvelle édition en Pléiade de «Surveiller et punir» (2015).
Type d’événement
Conférence
Cadre

Conférence présentée dans le cadre du Festival du Film et Forum sur les Droits Humains (Genève, du 10 au 19 mars) ; en collaboration avec la librairie la Méridienne.

Domaine(s)
MédiasSociété
Mots clés
contrôleInternetnumérique
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