Les droits de l’Homme, les voulons-nous vraiment, et à quel prix?
Professeure de philosophie à l’Université de Genève et ancienne fonctionnaire à l’Unesco, Jeanne Hersch (JH) définit la notion des droits de l’homme d’un point de vue philosophique. JH est présentée avec une galanterie humoristique comme ayant été une professeure de philosophie précoce, auteure brillante de multiples publications et ancienne collaboratrice à l’Unesco. JH commence par dire que parfois, devant l’actualité, elle a l’impression que parler des droits de l’homme est un luxe. Mais le sentiment de leur existence reste impérieux. Elle décrit le besoin de ces droits comme quelque chose d’inhérent à l’espèce humaine, la seule capable de liberté responsable. Elle aborde la notion d’« être nés égaux en dignité et en droits ». Cette notion n’est pas née en Occident, elle raconte qu’elle a réuni en un livre des textes de tous les pays et de tous les âges qui y font allusion. Trois menaces primordiales au développement et à l’épanouissement de la liberté existent : la contrainte physique, le manque de satisfaction de besoins naturels et urgents (ex : la faim) et l’absence de formation de l’esprit. Pour y remédier, il faut instaurer des droits politiques, sociaux et culturels, affirme-t-elle. Lors de la table ronde et débat qui suit, avec comme intervenants Maurice Favre et Ernest Weibel, JH est interpellée sur la manière de négocier sur les droits de l’homme avec le bloc de l’Est, la légitimité de la peine de mort, la différence entre l’homme et l’animal (allusion à Robert Hainard), entre autres.
Origine : Genève ; Prof de philosophie, Uni de Genève. Directrice de la division de philosophie de l’Unesco (1966-68), du comité exécutif (1970-72) et de la commission suisse (1970-76). Socialiste
Ernest Weibel
Professeur de science politique, doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Neuchâtel (1976).