La reconnaissance des droits des Juifs de Suisse n’est pas tombée du ciel. La lutte en faveur des libertés fondamentales a été, bien sûr, menée par les Juifs eux-mêmes. Mais aurait-elle suffi à emporter l’adhésion populaire en 1866? Sans les alliés qui les ont soutenus, sans la maturation politique de la Suisse et la prise en considération d’intérêts économiques, sans la pression de l’étranger enfin, l’émancipation n’aurait pu se faire. Au cours des 150 ans qui ont suivi, d’autres groupes discriminés ont à leur tour conquis de haute lutte leurs droits. Comment reconnaître aujourd’hui celles et ceux qui en sont encore privés? Comment faire la part de l’égalité sur le plan du droit et les inégalités de fait?
Le 10 mars 1993, Ruth Dreifuss est élue Conseillère fédérale : elle a dirigé le département fédéral de l’intérieur jusqu’au 31 décembre 2002 avec la charge de réformer les assurances sociales. Toujours très engagée, elle soutiendra même après son départ du gouvernement l’introduction de l’assurance-maternité (2004), la libre circulation des personnes avec l’Union européenne et s’opposera aux restrictions des droits des étrangers et des requérants d’asile. Elle est aujourd’hui active dans plusieurs organisations non gouvernementales et internationales, notamment au sein de la Commission mondiale pour la politique des drogues et de la Commission internationale contre la peine de mort.
En écho aux deux expositions présentées au Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds «Juifs de Suisse – 150 ans d’égalité des droits» et de «Juifs de La Chaux-de-Fonds – Regards sur une population» (jusqu’au 13 août 2017).