Adjoint au maire de Nice, député, Pierre Pasquini examine le problème des drames passionnels, qu’il connaît par son métier d’avocat d’assises. Incertain si ce thème a quelque rapport avec la Suisse, pays raisonnable, il voit par contre en sa région les trois éléments les plus susceptibles de faire naître les passions: bleu du ciel, de la mer, et beaucoup de soleil. Il tient que «de tous les faits de la vie psychologique, le fait passionnel est le plus riche, le plus divers, le plus coloré, le plus vibrant, le plus vivant». Non sans paradoxes; si le débordement de la raison et de l’intelligence ne trouve jamais grâce, la passion, débordement du coeur, se trouve quelquefois excusée, notamment par la justice «un peu latine» de son pays: chacun a pu, peut encore, être passionné, éprouver comme vélléitaire un «état de concordance» avec qui a agi; le passionné «est bel et bien un homme qui supporte et qui n’a pas d’autre volonté», et ne peut plus vouloir qu’une seule chose, en cela démesurément faible; le drame a pour base l’amour-propre chez l’homme, mais l’amour seul chez la femme. Et l’avocat de rêver à une cause qu’il aurait souhaité plaider: défendre Othello, dont il compare le sort à celui du Don José de «Carmen», la qualité de la victime déterminant le jugement final. Il rappelle enfin l’affaire du ministre Pierre Chevallier, que sa femme qu’il trompait assassina en 1951: elle fut acquittée. Exposé inattendu au sujet que l’on tiendrait pour trop spécialisé, mais son auteur l’emporte aisément au-delà de la seule sphère judiciaire, en de belles excursions psychologiques et littéraires. PP débute en adressant divers compliments au Club 44, et à son renom transfrontalier